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Par Soumaya Dziri - 2 avril 2019

Lecture : 10 min

Sortir un bilan faux : La pire erreur pour un comptable

C’était en 2011, j’avais à peine 22 ans.

Le DCG fraîchement en poche, me voilà à scanner les annonces de travail. J’avais déjà expérimenté divers postes, tels qu’assistante comptable dans une entreprise de lait pour bébés ou même comptable fournisseur chez le leader des cantines pour grandes entreprises.

 

À vrai dire, je n’y suis pas restée. Pour tout vous avouer, je m’ennuyais un peu, voire beaucoup, la saisie comptable chronophage n’était pas faite pour moi. Je voulais quelque chose de plus stimulant.

 

J’ai donc trouvé un job que je ne pensais pas pouvoir décrocher avec mon peu d'expérience.

 

C’était en janvier, un jour d’hiver comme un autre.

 

Je ne marche pas droit. J’avais encore des séquelles de mon accident de scooter sur l’autoroute A1 deux mois plus tôt.

 

Un soupçon d’angoisse cadrillait mon souffle dans cet ascenseur. J’appuie sur le 4e étage et je monte.

 

Je ne savais pas encore où j’allais mettre les pieds.

 

Les portes s’ouvrent. Un jolie parquet clair, des murs vitrés qui laissaient transpercer les rayons du soleil et une salle d’attente qui donnait sur les autres salariés de ce cabinet d’expertise comptable m’ont redonné le sourire.

 

Je sentais la bonne ambiance qui y régnait.

 

C’était mon tour. Un gentil homme d’une quarantaine d’année m’accueille et me demande de le suivre d'une voix calme. J’y vais avec un mental de gagnante et la volonté de montrer du positif.

Un super entretien d’embauche.

Je n’y croyais pas, cet expert-comptable en chemise bleu m’embauche à la fin de l’entrevue. Si j’avais su !

 

C’était magique. Je volais sur les trottoirs de Paris. J’allais presque toucher les nuages. Enfin, j’y allais doucement avec ce pied dont je ne sentais plus de sensibilité...

 

Enfin un job stimulant !

 

Je devais prendre en charge un portefeuille de clients variés, pratiquement que des startups innovantes (mon monde 😍).

 

Les tâches débordaient de mon carnet de note. Tenir leur comptabilité, sortir leur bilan, gérer leur social et leur impôts, faire des situations mensuelles (reporting) et j’en passe...

 

Quel challenge à 22 ans !

J’étais motivée comme jamais.

Connaissez-vous la période fiscale ? Moi je l’ai découverte dès mon premier jour. C’est la période des bilans. Une période intensive pour tous les cabinets comptables de France.

 

Je devais être formée par la personne que je devais remplacer.

 

Il ne restait qu’un mois à Julie* avant de concrétiser son projet, celui de faire le tour d’Australie pendant 1 an avec son van (* j’ai changé volontairement son prénom).

 

Elle était tout excitée avec son futur projet. C’était très beau à voir.

 

1 er jour - Un peu timide, on m’installe à mon bureau non définitif avec un pc portable tout neuf. Julie me balance une enveloppe A4 remplit de factures et de tickets de caisse que je devais comptabiliser.

J’étais seule face à mon PC.

Au nom de la période fiscale, Julie n’avait pas le temps de me former.

 

Je ne maitrisais pas le logiciel comptable, ni le client. J’étais assez gênée de lui poser des questions. Surtout qu’elle n’était pas préparer à cela. "Tu ne vas pas me poser des questions toute la journée ! " m'a-t-elle dit d'un ton dépassé.

 

Bon ce n’est pas grave, j’essaie de me débrouiller seule. Tout est ok, merci Julie.

 

Jusqu’au jour où, deux semaines plus tard. Je devais rendre un reporting.

 

Ma tâche consistait à sortir un bilan mensuel d’une entreprise américaine. Et cela en 3 jours, top chrono 😰.

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Aie, je n’avais encore jamais clôturer de comptes !

Et, biensûr pour alléger cette GRANDE difficulté, je devais le faire en anglais !! Je n’ai jamais été en Australie, moi...

 

Je ne vous cache pas que j’ai bien souffert.

 

Le premier reporting, Julie me forme. Assise à côté de moi, mon cerveau enchaîne des nouvelles informations à tour de rôle :

  • Comptabiliser les factures fournisseurs de ce nouveau client (eh oui, chaque entreprise est différente, il faut s’adapter à chaque activité hein !)

  • Faire les payes du mois (Je n’en avais jamais fait !)

  • Sortir la TVA (c’est quoi un contrôle de TVA ?)

  • Solder les comptes (mais pourquoi faire, bon sang ?)

  • Passer toutes les écritures de clôture : amortissements, provision de congés payés, dépréciation, écriture de TVA… (What !!!!)

  • Remplir un fichier Excel avec des codes analytiques (Maman, à l’aide 😩)

 

Certes j’ai eu mon DCG, mais malheureusement je faisais partie de ceux qui n’avaient pas encore cette fameuse logique comptable.

 

Je n’arrivais pas à mettre du sens à toutes ces écritures. Des questions de compréhension, j’en ai eu pas mal. Ce qui a eu le don d’agacer notre chère Julie !

Le premier reporting, on le fait à deux, on part à 21 heures. Ouf, je n’avais pas encore d’enfants à ce moment là.

Le mois suivant, pareil, elle m’assiste mais très vaguement. Toujours aussi agacée ! Allez self control, self control...

J’ai failli tout lâcher. J’ai voulu tout abandonner.

Mais ce n’est pas mon état d’esprit.

 

Je pense qu’il faut aller jusqu’au bout des choses. Ok, je continue. C’est que j’avais vu ma vie défiler sur cette autoroute A1 !

 

La 3e fois, ce sera la bonne ! Ce jour là, ni Julie, ni l’expert-comptable n’étaient présents au cabinet. C’était ma deadline. Le client américain attendait avec impatience son reporting avant 20h.

 

Je n’étais pas encore prête…

Sortir un bilan faux, la pire erreur pour un comptable

J’ai bloquée. Mon contrôle excel était faux. Je n’arrivais pas à comprendre mon écart. Peut-être l’OD de paie ? Ou celle de cette provision de congés payés ? J’ai oublié un code analytique ?

 

Il faisait nuit. À l'heure où tous les parisiens dînaient au chaud, j’étais seule. Face à mon écran.

 

 

Face à ce mail d’impatience rédigé en anglais de ce client. Que devais-je faire ? Lui envoyer un bilan faux ?

 

Mon coeur n’y était pas. Je suis honnête et je ne voulais pas mentir.

J’ai pris une décision. Alors, ce soir là, je n’ai rien envoyé. Juste un mail rédigé en anglais cassé lui indiquant que personne n’est présent aujourd’hui au cabinet pour contrôler mon travail. Que je ne voulais pas lui envoyer de mauvais chiffres.

Un lendemain désastreux

Comment vous dire ? Je me suis faite tirer les oreilles par mon expert-comptable. “Une date c’est une date !”, “il ne faut pas avouer les erreurs” (j’ai compris après qu’il n’aimait pas entacher la réputation de son cabinet, ça parraît légitime néanmoins).

 

Je n’étais pas en phase… Mais j’encaisse ! Non sans une petite larme cachée sur le coin de mon oeil.

 

C’est ce genre d'expérience qui m’a fait comprendre mes failles. Une leçon de vie.

J’ai compris mon principal problème à ce moment là, je n’avais pas de logique comptable.

Je vous rassure, la fin de cette histoire est bien meilleure. Je suis restée 2 ans et demi dans ce cabinet. Je faisais mes reporting en un éclair ! J’ai même pu passé mon DCSG en candidat libre en parallèle.

 

Depuis, je suis passée à autre chose.

 

 

Aujourd’hui, j’ai co-fondé Les Geeks des Chiffres avec une mission claire.

 

Aider les autres à ne pas se retrouver dans ce genre de situation.

 

Pour cela, nous avons complètement repensé la pédagogie en comptabilité. Je l’ai voulu claire, pratique et ambitieuse : transmettre la logique comptable coûte que coûte !

 

Mais aussi innovante ! De la formation 100% en ligne en comptabilité, une liberté d’apprendre n’importe où et n’importe quand.

C’est ça l’apprentissage du 21e siècle.

La semaine dernière, nous avons annoncé la sortie officielle de notre formation en comptabilité de niveau DCG.

 

Nous avons passé près d’un mois à la concevoir, avec tout notre coeur.

 

Près de 60 vidéos remplies de conseils et de cas concret en compta. Je vous rassure, nous avons bien pris le soin d’expliquer la logique de chaque écriture que ce soit des opérations courantes à la clôture des comptes.

 

J’y tenais personnellement. Vous m’avez comprise. De cette faiblesse, j'en ai ressorti une réelle force.

 

J’aurais tellement voulu faire cette formation à mes 22 ans ! À cette époque, je n’arrivais pas vraiment à faire le lien entre le bilan et le compte de résultat.

 

 

Un sérieux handicap pour un comptable qu’il ne faut pas prendre à la légère.

N’hésitez pas à me partager votre expérience d’entreprise en compta dans l'espace commentaires ! Je lirais tout cela avec impatience.

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Qui suis-je ?

Bonjour !

Je m'appelle Soumaya Dziri.

J'ai co-fondé Les Geeks des Chiffres pour aider tous les étudiants à cartonner leur diplôme en compta. J'écris pour vous inspirer et vous motiver.

 

Bonne lecture !

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Comptabilité et Gestion

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